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Le dangereux véganisme – Maxime Bernier et la puissance des lobbys de l’agriculture
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Le dangereux véganisme – Maxime Bernier et la puissance des lobbys de l’agriculture

Par PH

Les élections fédérales sont derrière nous. Dans cette campagne d’attaques personnelles et de « Je pisse plus loin qu’Andrew Scheer », deux thématiques se sont emparées de tous les débats : la Loi sur la laïcité de l’État et l’environnement. (Évidemment, j’exclus ici les archives vieilles de 10 ans qui mettent les deux chefs principaux dans l’embarras.) Deux sujets chers aux Québécois, qui ont choisi une forte représentation du Bloc québécois afin de faire valoir ces points à l’Assemblée nationale.

Pour moi, une chose saute aux yeux dans le débat sur l’environnement : le manque flagrant de discours autour du véganisme. On nous parle d’électrification des transports, d’énergies renouvelables, de taxe carbone, de pipeline, de péréquation verte… mais jamais d’agriculture animale. Comprenez-moi bien, ce sont tous des enjeux primordiaux et je suis intéressé par chacun d’eux, comme nous devrions tous l’être d’ailleurs.

Par contre, si l’on considère que l’agriculture animale représente 14 % des émissions globales de gaz à effet de serre (plus que l’industrie des transports dans son entièreté à 13 %), compte pour 70 % de la déforestation mondiale et est l’une des causes premières de la pollution des eaux et de l’appauvrissement des océans, elle devient plus difficile à ignorer. Pourtant, aucun politicien n’en a parlé.

J’ai vu le mot « véganisme » passer une seule fois dans cette campagne, et c’était sur le compte Facebook de Steven Scott, le député néo-démocrate de notre comté de Verdun. Monsieur Scott est un candidat qui est végane depuis 2010 et qui possède un comptoir de fruits et légumes biologiques au marché Atwater. Ces simples faits ont failli faire tourner mon vote en sa faveur, mais je n’ai su me convaincre de voter orange.

Mais comment se fait-il que ce mot aussi important pour l’avenir de la planète n’ait été sur les lèvres de personne d’autre? Aussi étrange que cela puisse paraître, la réponse se trouve probablement en Beauce, dans la défaite cuisante de Maxime Bernier.

Monsieur Bernier, aussi dégénérées ses prises de position puissent-elles être sur plusieurs sujets, a eu l’audace de parler contre les lobbys des producteurs laitiers. Une campagne de salissage à son égard et un appui jamais vu des producteurs laitiers envers le candidat conservateur en Beauce ont suivi. Évidemment, je doute du fait que Maxime aurait gagné son pari dans tous les cas, mais il ne s’est donné aucune chance en s’attaquant de la sorte à une industrie aussi puissante.

Cela prouve une chose : certains sujets sont trop sensibles pour qu’on en parle sans risquer de tout perdre. Imaginez si le Bloc avait choisi comme point focal de sa campagne de réduire l’aide aux agriculteurs ou encore de taxer davantage les produits d’origine animale. Nous aurions assisté, au contraire de la renaissance du parti, au suicide de celui-ci.

Alors, comment parler de l’éléphant dans la pièce? Je l’ignore complètement, mais j’aimerais vous entendre sur cette question, car elle est légitime et si importante pour la suite des choses. Vous pouvez proposer vos idées sous notre publication Facebook. C’est un problème que nous devons aborder tous ensemble.



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