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L’heure est à la révolution!
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L’heure est à la révolution!

Par PH
Crédit photo : Mélissa Guillemette

Plus jeune, j’avais une fibre révolutionnaire. Je voulais me rebeller contre tout. J’idolâtrais le « Che » et j’écoutais Rage Against the Machine en boucle. Je parlais beaucoup de l’indépendance du Québec et critiquais l’ingérence du gouvernement. Cette fibre s’est endormie tranquillement. Comme pour plusieurs. J’ai l’impression que c’est l’effet d’un système politique stagnant sur l’être humain.

Que ce soit la CAQ, le PLQ ou le PQ qui nous gouverne, on ne s’éloigne jamais vraiment du centre, et les choses ne changent pas réellement. Notre oisiveté n’est que renforcée par le temps qui passe.

Ceci étant dit, dans les dernières années, la question s’est complexifiée grandement.

Elle dépasse maintenant les choix individuels. La crise climatique, peu importe ce que Maxime Bernier semble en penser, est bien réelle.

Que vous aimiez ou non Greta, il n’en reste pas moins que la science pointe dans une seule et unique direction. La seule variante entre les différentes études est la rapidité avec laquelle nous allons frapper le point de non-retour. Pour certains, c’est déjà fait.

Nous sommes rendus à un moment où la liberté individuelle doit faire place à l’urgence collective.

On apprenait dernièrement que Jeff Bezos, le CEO d’Amazon, valait 108,6 milliards de dollars, soit 35 000 fois plus que son employé le moins bien payé. Personnellement, je ne saurais que faire d’un seul milliard de dollars. Après quatre jets privés, les options deviennent restreintes.

Des milliardaires se payent des fêtes sur des yachts gigantesques avec des stars mondiales seulement parce qu’ils en ont les moyens. Et, lorsque tu es rendu à payer Nicole Scherzinger pour venir chanter devant 30 de tes amis, on peut imaginer que ce n’est pas la dépense qui te met à la rue.

Seulement 1 % de la population possède plus d’argent que les 50 % les plus pauvres. Cet argent dort. Il est inutile. Il fructifie en Suisse et enrichit d’autres milliardaires qui ne s’en serviront jamais sauf pour, eux aussi, le placer.

Et si on l’utilisait pour s’aider? Pour aider l’humanité qui, je le rappelle, inclut ces milliardaires.

Lorsque les océans engloutiront les métropoles, que les animaux disparaîtront et que l’air deviendra trop toxique pour être respiré, du haut de leurs manoirs immenses, ils s’intoxiqueront comme tout le monde. Personne n’est plus fort qu’une extinction.

Parlons maintenant plus largement. Laissons le 1 % vivre au-dessus de la fatalité qui nous guette. Tournons notre regard vers les gouvernements.

Chaque année, c’est plus de 1 822 milliards de dollars qui sont investis dans la défense. Je crois pouvoir dire, sans trop me tromper, que l’urgence climatique relève de la défense. La défense de la race humaine face à son plus grand défi jusqu’à aujourd’hui.

La planète s’en sortira. Pas de soucis pour elle. Elle nous survivra.

Serait-ce le temps de commencer à penser à un réinvestissement de ressources? Beaucoup de belles paroles ces derniers temps. Objectif de réduction des GES pour 2030, c’est une autre façon de dire : « D’ici 2030, je serai à la retraite et on se souviendra de moi comme d’un premier ministre qui aura fait grandir l’économie! »

Personne ne se souviendra de toi. La mémoire collective ne survivra pas à un raz-de-marée. Pas plus que vos parlements, vos échangeurs ou vos 3es liens.

Lorsque je pense à cet argent qui ne sert à rien ou qui est investi dans des industries dévastatrices, j’ai mal au cœur.

Non pas devant la grandeur de telles sommes, mais devant l’infinité de possibilités.

Peut-être faut-il attendre que l’écologie devienne un enjeu monétaire pour espérer un changement. J’ai peur que ce soit trop tard.

Même si on essaie tous, humblement, de faire notre part, il faut que le système s’adapte. Et cette adaptation commence par ceux qui possèdent l’argent.

Mais qu’ils veuillent s’adapter ou non, il est maintenant l’heure de le leur imposer.

De sortir dans la rue, comme vendredi dernier, et de revendiquer la fin du règne de l’enrichissement sans fin et de l’investissement avare d’une partie de « Qui pissera le plus loin » ou de « Mon pipeline est plus gros que le tien ».

C’est l’heure de retourner dans la rue. De retrouver notre fibre révolutionnaire. Ce n’est plus le temps de simplement espérer passivement un changement.

 

L’heure est à la révolution.

Comme disait Zack de la Rocha :

It has to start somewhere,

It has to start sometime.

What better place than here?

What better time than now?



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