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L’hypocrisie spéciste
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L’hypocrisie spéciste

Le spécisme est un concept amené pour la première fois par Richard Ryder, un psychologue britannique, dans les années 70 et popularisé par le philosophe Peter Singer dans son ouvrage à succès La libération animale. Il est utilisé pour exprimer la distinction arbitraire faite entre les différentes espèces vivantes.

On adore nos chiens et nos chats; ils font partie de notre quotidien et nous utilisons toutes les ressources à notre disposition pour que ceux-ci soient heureux. Certaines familles s’endettent de plusieurs dizaines de milliers de dollars afin de guérir un animal de compagnie malade. Ces animaux ont même, aux yeux de la loi, des droits fondamentaux. Il est illégal de battre son chien ou son chat comme il est illégal de l’abandonner à l’extérieur en plein hiver.

Cette relation entre les humains et les animaux de compagnie n’est cependant pas transférée à tous les animaux. Ceux qui sont destinés à l’élevage et à la nourriture n’ont pratiquement aucun droit: les cochons, les bovins, les poules, les brebis, etc. Pourquoi cette distinction? Pourquoi les humains ont-ils décidé, de façon tout à fait subjective, quelle espèce méritait de vivre confortablement et quelle espèce méritait de vivre dans des conditions misérables avant de passer à l’abattoir?

Pour l’utilisation que l’on fait d’eux. Tout simplement.

Aucune donnée scientifique ne différencie pourtant ces espèces au niveau de l’intelligence ou de la sentience (la capacité à ressentir les émotions, la douleur, la joie, etc.). Ce n’est que selon des critères arbitraires que l’on juge que l’un mérite de vivre et l’autre de mourir.

Souvent, dans la justification de ce genre de comportement, on évoque la nécessité de manger de la viande pour survivre. On évoque également l’historique d’un régime carné comme justification à nos agissements quotidiens. Parce que nos ancêtres le faisaient, nous devons donc continuer.

Il y a plusieurs choses qui clochent dans ces arguments. Il est aujourd’hui prouvé qu’une alimentation faite à 100% de végétaux permet de vivre complètement en santé et sans aucune lacune alimentaire. Nous en sommes la preuve vivante. Nous prenons des prises de sang fréquemment et rien n’est déséquilibré dans notre corps. La nécessité n’est donc qu’un prétexte pour assouvir l’envie gustative d’une pièce de viande dans notre bouche.

Pour ce qui est de la donnée historique, il est vrai que l’être humain d’antan mangeait de la viande de gibier. Par contre, malgré la croyance populaire, cela ne constituait pas la majeure partie de son alimentation. Il s’agissait d’un bonus lorsqu’il réussissait à tuer une bête, mais la grande partie de son alimentation était constituée de végétaux.

Mais on revient encore à la question de nécessité. Si, pour survivre, vous devez abattre un cerf et le manger, alors vous ferez tout pour survivre. Mais on s’entend pour dire qu’aujourd’hui, en 2020, ce genre de scénario est très peu probable et que la seule chose que vous avez besoin de faire pour modifier vos habitudes alimentaires est de changer d’allée à l’épicerie. Ce n’est pas une question de vie ou de mort.

– Jessie et PH



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