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Tim Hortons, vous n’avez rien compris
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Tim Hortons, vous n’avez rien compris

Cet article fait suite à un autre que j’ai écrit il y a quelque temps déjà. C’était au sujet de la décision de Tim Hortons de retirer leur sandwich Beyond Meat de leur menu suite à un lancement mitigé. J’y expliquais que l’échec de leur lancement n’avait rien à voir avec le manque de demande de leur clientèle, mais bien avec la qualité du sandwich, qui laissait grandement à désirer. Jessie, moi, et plusieurs amis véganes y avons goûté rapidement après son annonce, excités à l’idée de pouvoir enfin trouver notre compte chez Tim Hortons. Malheureusement pour la chaîne, ce fut notre dernière fois.

Je l’apprends au quotidien avec certains des produits Végane, mais pas plate!, le repeat est le nerf de la guerre. Il faut que le consommateur revienne après une expérience positive. Si la qualité n’est pas au rendez-vous, aussi bien ne rien proposer. Le géant de la restauration canadienne a sans doute voulu sauter sur le nom Beyond Meat pour surfer sur la vague végane, pensant que son sandwich allait se vendre par lui-même. Première erreur.

À peine quelques mois plus tard, soit la semaine dernière, Tim Hortons annonçait «enfin» une option de boisson végétale: le lait d’amande.

Je me permets ici de faire une petite parenthèse. Dans pratiquement toutes les conversations avec des producteurs laitiers qui sentent leur monopole glisser sous leurs pieds et leur lobby perdre en influence, ceux-ci amènent systématiquement l’argument du lait d’amande: «Vous savez combien d’eau ça prend pour faire pousser vos noix? Combien d’espace? C’est pire que le lait de vache!» Le pire, c’est qu’ils ont un point! Le lait d’amande est, pour l’environnement, la pire option végétale. C’est pour cette raison que nous recommandons à tout le monde de consommer du lait de soya ou du lait d’avoine, les deux meilleures options pour la planète. (Pour plus d’informations, consultez notre article sur les alternatives au lait ICI.)

Donc, revenons-en à Tim Hortons. Pourquoi le lait d’amande? De toutes les options possibles, ils sont allés avec celle qui crée le plus de polémique. Mon intuition me dit qu’il s’agit d’un intérêt financier. C’est sans doute plus simple pour eux d’approvisionner leurs succursales avec du lait d’amande qu’avec d’autres options. C’est aussi probablement moins cher. Bref, de très mauvaises raisons pour les véganes.

J’ignore ce qui se passe dans les salles de conférence de la chaîne. Est-ce qu’ils ont des experts? Et même sans dire experts, est-ce qu’ils ont des employés qui connaissent le moindrement le mouvement végane? Les intérêts de celui-ci? Ou bien analysent-ils simplement de façon froide les tendances alimentaires et décident-ils de les suivre sans pousser le raisonnement plus loin?

Pourquoi écrire là-dessus, à part pour émettre mon mécontentement face à cette décision? Parce que, pour moi, ça va plus loin qu’une simple décision. Reprenons l’exemple du sandwich Beyond Meat. Tous mes amis non véganes qui ont mangé le burger Beyond Meat de A&W l’ont adoré. Sans exception. Tous mes amis qui ont goûté celui de Tim Hortons l’ont amèrement regretté pendant les heures qui ont suivi. Pour eux, végane veut dire mauvais. L’échec de Tim a donc donné des munitions aux détracteurs du mouvement. Il a nui, sans exagérer, à celui-ci.

C’est précisément ce qui va se passer avec le lait d’amande. Premièrement, les antivéganes vont en parler dans des chroniques sensationnalistes dans les journaux du Québec. Deuxièmement, les véganes n’iront même pas chez Tim pour acheter du café au lait d’amande, car la plupart des autres chaînes offrent déjà de meilleures options. Troisièmement, Tim va se rendre compte de son erreur, va penser avoir surestimé la demande et, comme pour son mauvais sandwich, va retirer son option végétale du marché, fournissant ainsi d’autres prétextes aux producteurs laitiers de crier haut et fort que nous avons besoin de lait de vache.

Tout cela pouvant évidemment être évité en s’informant proprement auprès de quelqu’un qui connaît le dossier. Combien de tests de goût ont-ils faits avant de mettre le sandwich sur le marché? Combien de conversations avec des spécialistes ont-ils menées avant d’annoncer le lancement du lait d’amande? Mon instinct me dit: très peu.

C’est à se demander s’il n’y a pas quelque chose de plus que de la simple mauvaise gestion. C’est difficile de penser qu’une aussi grande chaîne peut à ce point se tromper sans le faire exprès…

-PH



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