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«Vivre et laisser vivre»: l’argument antivégane
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«Vivre et laisser vivre»: l’argument antivégane

Les récentes manifestations de militants véganes dans plusieurs restaurants du Québec – dernièrement dans un Ashton de la capitale nationale – ont créé un véritable débat de société. Si ce n’était du Covid-19, on ne parlerait encore que de cela. Somme toute, pour les activistes qui souhaitaient avoir de l’attention médiatique, c’est tout à fait réussi.

La plupart des discussions engendrées autour du spécisme suite à ces actions militantes ont été très balancées et ont amené un réel questionnement quant au traitement que l’on réserve, en tant que société, aux animaux. Cependant, un argument en particulier, souvent utilisé par les antivéganes, me démange réellement.

Le fameux «vivre et laisser vivre».

– J’ai rien contre les végé, mais qu’ils nous laissent tranquilles. On les fait pas chier avec leur salade.

– Y peuvent bien manger ce qu’ils veulent, mais qu’y viennent pas nous déranger dans nos restaurants.

– Vivre et laisser vivre!

Vivre et laisser vivre. Est-ce aussi simple que ça? Prêtons ce dicton à quelque chose d’autre. La cigarette, par exemple. Le choix individuel de chacun de fumer la cigarette n’affecte directement qu’une seule personne, celle qui fume en toute connaissance de cause (si quelqu’un ignore aujourd’hui les effets de la cigarette sur le corps, il est grand temps de le sortir de sa caverne). Dans une telle situation, «vivre et laisser vivre» peut absolument s’appliquer. Tu veux fumer? Fais-le dans les zones réservées à cet effet, et personne ne te dérangera. C’est ton choix.

Par contre, lorsqu’il s’agit du véganisme et de l’antispécisme, il y a un autre individu dans l’équation. Il ne s’agit pas des préférences végétariennes contre les préférences omnivores. Il n’est pas question d’un choix qui n’impacte qu’un seul individu. Bien au contraire. Car dans l’acte même de consommer de la viande, des produits laitiers ou des œufs, il y a l’exploitation d’un être vivant. Souvent, cette exploitation devance la mort de l’animal de plusieurs années. Alors, comment peut-on dire «vivre et laisser vivre» si, pour vivre, on tue?

Il y a là une contradiction prenante qui semble être ignorée par la plupart des antivéganes. Le seul argument qui pourrait justifier l’utilisation de cette expression est celui qui veut que le fait d’abattre un animal ne compte pas comme «tuer». Mais si cet argument est mis de l’avant, il doit être mis de l’avant pour tous les animaux, et pas seulement ceux qui nous procurent de la nourriture. Excepté une très faible minorité qui pourrait adhérer à ce genre de raisonnement, c’est donc un argument qui ne tient pas la route et qui découle du spécisme. L’expression utilisée dans ce cas-ci est donc complètement farfelue.

Ce n’est pas une question de choix individuel et on doit s’en rendre compte.

-Jessie et PH



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